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Jaleo, Presse

 

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“LE BAL DES SUDS” (FRANCE, 2005)

LOUIS WINSBERG ET JALEO

Route vers le sud

Paris, le 22/03/2005 – À 20 ans, il conjuguait jazz-rock et musique africaine dans le groupe Sixun. A 40, Louis Winsberg opère un changement de cap radical. Avec Jaleo, son nouveau groupe, voici un deuxième album, Le bal des Suds, nourri de jazz, de flamenco et de percussions indiennes. Le guitariste retrouve le chemin de son sud natal.

imageWinsberg a les cheveux longs, le sourire lumineux et la voix douce. Apaisé et apaisant, le guitariste accompli a décidé de s’installer dans le sud de la France, dans la maison de son enfance. Très exactement à Eygalières, “où je suis né, où je vis à nouveau, où je joue de la guitare, pour moi le plus beau des suds”, écrit-il dans le livret de son nouvel album le bal des Suds. Eygalières, c’est aussi le nom du dernier morceau en solo, où Louis, en quelques accents de guitares flamenca, évoque son retour à la maison. C’est là qu’il a grandi dans une famille d’artistes éprise de culture andalouse, au beau milieu des fêtes gitanes et de la Camargue.

Avec ce nouvel album, Louis rend hommage à son père aujourd’hui disparu. Avec la reprise d’une toile pour la pochette, celle de ce visage gitan peint sur fond ocre par Jacques Winsberg en 1958 : des yeux noirs, des sourcils épais, une moustache fine à la Django et l’élégance qui va avec. Et puis ce morceau intitulé Se apago una estrella, une pensée profonde pour une étoile qui s’est éteinte. Mais ici, pas de mélancolie, l’hommage est rendu dans l’extravagance : en faisant la fête !

Le projet Jaléo est né à Valenciennes à la faveur d’une résidence pour donner un premier spectacle créé au Phénix en Mars 2000. Pour l’occasion, Louis Winsberg n’a pas lâché sa guitare, il l’a plutôt débranchée! “C’est vrai que c’est une rupture avec mes années rock et la culture américaine. Avec l’acoustique, je ne me pose plus la question de mon identité, de toute façon le flamenco était en moi depuis toujours !”. Des années après l’expérience Sixun, et après avoir joué avec tant d’artistes (il est d’ailleurs sur le dernier disque de Dee Dee Bridgewater J’ai deux amours), Louis Winsberg a constitué sa nouvelle tribu. Leur premier disque sort en 2001, suivi d’une très longue tournée de 150 concerts, en France, mais aussi en Espagne, en Algérie et en Norvège. Évidemment le passage par l’Espagne angoisse et finalement les renforce devant la reconnaissance des traditionnels du genre.

imageFrappé et percussions

Il faut dire que Jaleo n’est pas un produit “marketé” musiques du monde comme on en compte aujourd’hui à longueur de bacs dans les supermarchés. C’est un délicat combo où se rencontrent plusieurs talents pour créer un rythme, une musique, des paroles. D’ailleurs, la composition se fait aussi à partir du frappé des pas d’Isabel Pelaez, qui peut ensuite déterminer tout un morceau. Sévillane, Isabel est au centre de la création, et même de l’inspiration. Comme pour Isabelita, qui lui est dédié : “qu’elle danse ou qu’elle chante, Isabel est dense et intense, flamenca !”

Le rythme, c’est l’essence même de Jaléo. C’est le frappé des mains et des pieds, c’est aussi les tablas et autres percussions indiennes de Nantha Kumar rencontré à Singapour en 1995. Le résultat est enlevé et envoûtant comme ce premier et long morceau, éponyme de l’album, Le bal des suds, une suite en trois parties, où peu à peu les différents membres du groupe entrent dans la danse et créent une atmosphère vibrante, charnelle et fougueuse. Le tempérament est énorme, et le plaisir aussi.

Jaleo, c’est aussi un spectacle qui prend toute sa dimension sur scène. Là on goûte mieux l’humour, la liberté, voire la grivoiserie de cet esprit gitan. Dans Gordirrubi, la ville de New York, surnommée la grosse pomme, est comparée à une grosse blonde qui veut manger le monde. Invité sur le morceau, Paco Séry est à la batterie de ce “ragga hispano tamoul que vous pouvez trouver au rayon jazz-rock camarguais avec dans les rôles principaux Miguel Sanchez et Nantha Kumar qui ont pour l’occasion laissé cajon et tablas” précise Louis Winsberg, gourmand.

Décidément profondément impliqué dans le long terme, le compositeur prépare une nouvelle création pour le festival de jazz de Coutances, Jazz sous les pommiers. La résidence dont il bénéficie pour trois ans, lui permet de développer son concept WWW, comprenez “Winsberg World Work”, un atelier de musiques du monde, où après l’Espagne, il se passionne pour les Afriques : Afrique noire, Maghreb, et Océan indien. En attendant la première qui aura lieu le 6 Mai, Louis s’est installé chez les gens pour des concerts chez l’habitant. Un soir, “nous nous sommes même retrouvé dans la serre d’un producteur agricole” ! Une nouvelle aventure à suivre, un peu plus loin, sur la route du sud.

En concert le 22 Mars à la Maroquinerie à Paris

Louis Winsberg et Jaleo "Le bal des Suds" (e-motive) 2005

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